Cancer colorectal et maladie de Crohn, des chiffres qui devraient changer notre regard sur l’assiette


YALLA magazine
Au Québec, près de 19 diagnostics de cancer colorectal par jour. Les estimations pour 2025 reprises par la Fondation québécoise du cancer font état de 6 956 nouveaux cas et de 2 350 décès dans la province. Derrière ces chiffres: des traitements, des familles bouleversées et des vies écourtées. Un bilan qui mérite davantage qu’un simple conseil de « mieux manger ».
En 2026, la Société canadienne du cancer prévoit 25 300 nouveaux cas et 9 200 décès au pays. Les taux globaux d’incidence et de mortalité diminuent, notamment grâce au dépistage et aux traitements, mais le poids de la maladie reste considérable.
La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse constituent un autre signal d’alarme. Selon le rapport 2023 de Crohn et Colite Canada, environ 322 600 Canadiens vivaient avec ces maladies inflammatoires de l’intestin; ce nombre pourrait atteindre 470 000 en 2035. Le Québec figure parmi les provinces où une hausse de l’incidence a été observée, sur la période 2002-2014 étudiée dans ce rapport. Les totaux de personnes atteintes concernent toutefois l’ensemble du Canada.
Quel rôle joue l’alimentation? Les recherches donnent des raisons sérieuses de s’y intéresser. Une étude américaine publiée dans le British Medical Journal (BMJ) en 2022, fondée sur trois cohortes, a observé un risque relatif de cancer colorectal supérieur de 29 % chez les hommes consommant le plus d’aliments ultratransformés, comparativement à ceux qui en consommaient le moins. La même association globale n’a pas été retrouvée chez les femmes.
Pour Crohn, une étude britannique publiée dans le Journal of Crohn’s and Colitis, dans son numéro d’avril 2023, a observé un risque environ deux fois plus élevé chez les plus grands consommateurs d’aliments ultratransformés. Ces études montrent des associations: elles ne prouvent pas que ces produits causent à eux seuls ces maladies, ni qu’un additif particulier explique les cas au Québec.
La prévention ne peut pas reposer uniquement sur les épaules du consommateur. Rendre les aliments nutritifs accessibles, mieux informer sur la composition des produits et faciliter le dépistage devrait être au cœur du débat public. Que vaut une recommandation de mieux manger si les familles n’ont pas les moyens de la suivre?
Selon Santé Québec, le dépistage du cancer colorectal est accessible gratuitement aux personnes admissibles de 50 à 74 ans, même sans médecin de famille. La Fondation québécoise du cancer rappelle qu’en présence de symptômes ou de facteurs de risque, un professionnel doit déterminer l’examen approprié. Parler de notre alimentation, c’est aussi parler de notre accès à la prévention.







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