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Le PQ devra négocier son programme et chaque parti a ses exigences à défendre

Photo du rédacteur: YALLA Magazine
YALLA Magazine
6 oct.
3 min de lecture

YALLA magazine

Le Parti québécois a gagné le pouvoir, mais les élections du 5 octobre lui imposent de négocier les moyens de l’exercer. Avec 59 sièges sur 127, contre 40 aux libéraux, 19 aux conservateurs et neuf à Québec solidaire, le prochain gouvernement pourra chercher des appuis dans plusieurs directions. Le choix de ses partenaires pourrait influencer autant les impôts et les services publics que l’avenir du projet référendaire.

Les promesses électorales permettent d’identifier ce que chaque formation pourrait chercher à obtenir. Elles ne constituent toutefois pas des conditions de soutien déjà négociées.

Pour les libéraux de Charles Milliard, une coopération durable avec le PQ pourrait d’abord passer par une mise à l’écart du référendum. Leur campagne a défendu le maintien du Québec dans le Canada et la priorité à l’économie. Accepter de soutenir un budget ne signifierait donc pas accepter la démarche souverainiste. Le report du projet pourrait devenir une condition politique d’une entente plus large, sans empêcher des collaborations ponctuelles sur d’autres dossiers.

Sur le fond, le PLQ aurait des engagements précis à faire avancer. Son programme vise, à terme, la construction de 100 000 logements par année, dont l’ajout de 40 000 logements sociaux et abordables en cinq ans. Il prévoit aussi une plateforme publique de télésanté. Un soutien libéral pourrait ainsi se négocier autour d’investissements et d’échéanciers dans ces secteurs, avec une trajectoire de retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030, conformément à son cadre financier. Le prix d’un appui libéral pourrait être un gouvernement recentré sur le logement, l’accès aux soins et la discipline budgétaire, avec le référendum repoussé.

Les conservateurs d’Éric Duhaime chercheraient vraisemblablement des concessions différentes. Leurs engagements portent notamment sur la réduction de l’impôt des particuliers et des entreprises, la sortie du marché du carbone et la suspension temporaire de la taxe provinciale sur l’essence. Ils défendent également une place accrue du privé en santé. Des appuis conservateurs pourraient donc se négocier contre des baisses fiscales, une réduction de certaines dépenses administratives ou des changements dans l’organisation des soins.

Cette voie présente des rapprochements possibles avec le PQ, notamment sur l’abolition de Santé Québec et de la TVQ sur les biens usagés. Mais leur accord sur ces mesures ne résout pas leurs divergences sur le rôle du privé ou le référendum, auquel Duhaime s’est opposé pendant la campagne. Un appui conservateur pourrait pousser le gouvernement vers un programme économique plus à droite, sans lui ouvrir la voie à l’indépendance.

Québec solidaire, pour sa part, pourrait chercher à obtenir davantage de logements sociaux, un encadrement renforcé des loyers, un salaire minimum à 20 $ et des investissements dans les services publics. Pour financer ses engagements, le parti a proposé un impôt sur les grandes fortunes; son programme comprend aussi une hausse de l’impôt des revenus de 110 000 $ et plus. Une négociation avec QS pourrait donc entraîner des demandes fiscales ciblées, et pas seulement une augmentation des dépenses. L’hypothèse d’un virage fiscal à gauche est plausible si le PQ choisit cet appui, mais aucune de ces hausses n’est acquise.

Sur le référendum, QS demeure le partenaire le plus proche du PQ. Leurs 68 sièges réunis permettraient de constituer une majorité pour approuver une question référendaire, sous réserve d’un accord politique. Les libéraux et les conservateurs représentent plutôt des partenaires possibles pour gouverner tout en faisant obstacle à cette démarche. Une majorité parlementaire favorable au référendum ne préjugerait toutefois pas du vote des Québécois.

Le PQ n’est pas obligé de choisir un allié unique pour tout le mandat. Il peut négocier des appuis différents selon les textes. Mais le premier budget l’obligera à traduire ces rapprochements en décisions concrètes. C’est là que les électeurs pourront mesurer quelles promesses de l’opposition entrent dans le programme gouvernemental, lesquelles le PQ abandonne et qui assume le coût des compromis.


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